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Troubles fonctionnels : une lecture neurophysiologique et systémique

Les troubles fonctionnels : quand le corps parle sans lésion visible


Les troubles fonctionnels constituent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique. Ils représentent une part importante des consultations médicales, alors même qu’ils restent souvent mal compris, tant par les patients que par les soignants.

Ces troubles se caractérisent par la présence de symptômes chroniques ou récurrents en l’absence de lésion organique objectivable, malgré des examens cliniques, biologiques et d’imagerie rassurants.


De plus en plus de personnes souffrent de symptômes persistants sans qu’aucun examen médical ne révèle de lésion organique claire. Douleurs diffuses, troubles digestifs, fatigue chronique, palpitations, maux de tête, oppression thoracique…

Ces manifestations sont souvent regroupées sous le terme de troubles fonctionnels.


Définition médicale et classification actuelle


Les troubles fonctionnels posent un défi clinique particulier : ils sont objectivement mesurables dans leurs effets, subjectivement très invalidants, mais non expliqués par une lésion structurelle identifiable.

Cette apparente contradiction disparaît dès lors que l’on adopte une lecture neurophysiologique et fonctionnelle, centrée sur la régulation du système nerveux.


D’un point de vue biomédical, les troubles fonctionnels sont parfois regroupés sous les termes de :

  • troubles somatiques fonctionnels

  • troubles neuro-fonctionnels

  • troubles fonctionnels persistants

  • troubles à symptomatologie somatique


Ils incluent notamment :

  • les troubles fonctionnels digestifs (comme le syndrome de l’intestin irritable)

  • les céphalées primaires

  • certains vertiges

  • les douleurs musculo-squelettiques non spécifiques

  • les palpitations fonctionnelles

  • certaines fatigues chroniques


Ces diagnostics ne traduisent ni une simulation, ni une origine exclusivement psychologique, mais un dysfonctionnement de la régulation physiologique.


Une reconnaissance médicale encore incomplète


Les troubles fonctionnels ne sont ni imaginaires, ni psychosomatiques au sens réducteur du terme.

Ils correspondent à un dysfonctionnement de la régulation du corps, alors même que les organes sont structurellement intacts.

Autrement dit : le corps fonctionne, mais pas de manière fluide ni adaptée.


Malgré la réalité clinique des troubles fonctionnels, ceux-ci restent encore insuffisamment reconnus dans le champ médical. En l’absence de marqueurs biologiques ou de lésions visibles, les patients se retrouvent souvent face à un discours flou, parfois minimisant, oscillant entre normalisation excessive et renvoi implicite au « psychologique ».

Cette zone grise génère incompréhension, errance thérapeutique et perte de confiance dans le corps comme dans le système de soins, renforçant paradoxalement l’hypervigilance et la chronicisation des symptômes.


La régulation : clé de compréhension centrale


Le concept fondamental pour comprendre les troubles fonctionnels est celui de homéostasie et plus précisément de allostasie.

L’homéostasie désigne la capacité du corps à maintenir ses constantes internes.

L’allostasie correspond à la capacité d’adaptation dynamique face aux contraintes internes et externes.

Dans les troubles fonctionnels, ce système d’adaptation est saturé ou désorganisé, conduisant à ce que l’on appelle une charge allostatique excessive.


Le rôle du système nerveux autonome


Le système nerveux autonome (SNA) joue un rôle central dans cette dérégulation. Le SNA fait parti intégrante du système nerveux central (SNC).

Le SNA régule de manière inconsciente :

  • la digestion

  • la respiration

  • la fréquence cardiaque

  • la tension artérielle

  • l’immunité

  • le sommeil


Le SNA est composé de deux branches principales :

  1. le système sympathique (mobilisation, action, survie)

  2. le système parasympathique (repos, digestion, réparation)


Dans les troubles fonctionnels, on observe fréquemment :

  • une hyperactivation sympathique chronique

  • une insuffisance de modulation parasympathique

  • une faible variabilité de la fréquence cardiaque


Lorsqu’une personne a vécu :

  • un stress chronique

  • des traumatismes (anciens ou récents)

  • une surcharge émotionnelle prolongée

  • un état d’hypervigilance durable


Le système nerveux peut rester bloqué en mode survie, sans retour spontané à l’équilibre.

Le corps n’est plus en sécurité intérieurement, même lorsque tout semble aller bien extérieurement.


Le nerf vague : chef d’orchestre de la régulation


Le nerf vague joue un rôle fondamental dans cette dynamique.

Il agit comme un lien entre le cerveau, les organes et les états émotionnels.

Lorsqu’il est sous-activé ou dysrégulé :

  • la digestion ralentit ou devient chaotique

  • le sommeil est perturbé

  • l’anxiété s’installe

  • la récupération devient difficile

  • les crises surviennent


Beaucoup de troubles fonctionnels peuvent être compris comme le signal d’un nerf vague épuisé ou en alerte permanente.


Pourquoi les approches classiques atteignent parfois leurs limites


La médecine conventionnelle est essentielle pour écarter toute pathologie grave. Mais une fois les examens rassurants, de nombreuses personnes se retrouvent avec :

« Tout va bien, il faut apprendre à vivre avec »

« C’est le stress »

« Il n’y a rien à faire »

Cette réponse peut être vécue comme une double peine : souffrir, et ne pas être pleinement reconnu dans sa souffrance.


Les traitements uniquement centrés sur le symptôme (antalgiques, anxiolytiques, antispasmodiques) peuvent soulager temporairement, mais :

  • n’agissent pas sur la cause régulatoire

  • peuvent renforcer la dissociation corps-esprit

  • laissent intact le terrain neurophysiologique

Cela explique la chronicisation fréquente de ces troubles.


Neuroception et sécurité : fondements théoriques de la RNS


La Reprogrammation Neuro-Sensorielle® s’appuie sur le concept de neuroception, issu des neurosciences affectives.

La neuroception désigne la capacité inconsciente du système nerveux à :

  • détecter la sécurité

  • identifier la menace

  • ajuster les réponses physiologiques


Dans les troubles fonctionnels, cette capacité est biaisée :

  1. le corps reste en vigilance

  2. la détente n’est plus intégrée

  3. les signaux corporels deviennent envahissants

  4. les crises se multiplient


La RNS vise à corriger cette lecture interne erronée, non par un travail cognitif, mais par une reprogrammation sensorielle ciblée sur le système nerveux central (SNC).


RNS et système nerveux central : restaurer la capacité d’autorégulation


Contrairement aux approches uniquement verbales ou symptomatiques, la RNS agit directement sur :

  • les afférences sensorielles

  • la conduction nerveuse

  • la modulation du nerf vague

  • la plasticité des circuits neuronaux


L’objectif n’est pas de forcer le relâchement, mais d'aider le système nerveux grâce à la neuroplasticité à reconstruire des connexions neuronales.

Progressivement, on observe :

  • une diminution de l’hyperactivation sympathique

  • une amélioration du tonus parasympathique

  • une meilleure variabilité physiologique

  • une réduction durable des symptômes fonctionnels

  • une diminution voire une suppression des crises

  • une meilleure vitalité

  • une meilleur sommeil

  • une meilleure clarté d'esprit


 
 
 

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Olivia Guillet

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