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Trouble de l’attention : comprendre ce que le système nerveux exprime

Le trouble de l’attention est souvent résumé à une difficulté à se concentrer ou à une agitation excessive, il recouvre en réalité des mécanismes beaucoup plus complexes, impliquant le système nerveux, les émotions, l’histoire personnelle et l’environnement.


Le trouble de l’attention est omniprésent dans les discours médicaux, scolaires et sociaux. Chez l’enfant comme chez l’adulte, il est souvent perçu comme un dysfonctionnement : difficulté à se concentrer, agitation, dispersion, fatigue mentale.

Mais si ces manifestations n’étaient pas un déficit en soi?

Et si elles étaient avant tout le langage d’un système nerveux en adaptation?


Dans cet article, nous allons explorer le trouble de l’attention au-delà des étiquettes, pour mieux comprendre ce qui se joue réellement.


Le trouble de l’attention : une définition souvent réductrice


Le terme le plus connu est le TDAH (Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité).


Le diagnostic le plus connu est le TDAH (Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité).

Il regroupe des symptômes tels que :

  • une difficulté à maintenir l’attention,

  • une grande distractibilité,

  • une impulsivité,

  • une fatigue cognitive rapide,

  • des difficultés d’organisation et de priorisation.

  • parfois une hyperactivité motrice ou mentale.


Ce cadre diagnostique, posé par un médecin à la suite d'un bilan précis, peut être utile pour mettre des mots, ouvrir des droits ou orienter un accompagnement.

Cependant, il ne suffit pas toujours à expliquer l’origine profonde des troubles attentionnels, ni leur grande variabilité d’une personne à l’autre.

Toutes les difficultés attentionnelles ne relèvent pas nécessairement d’un TDAH.


Attention et système nerveux : un lien fondamental


L’attention n’est pas qu’une fonction cognitive : elle dépend directement de l’état de régulation du système nerveux.

Un système nerveux en hypervigilance (stress chronique, insécurité, surcharge émotionnelle) aura beaucoup de mal à maintenir une attention stable.

À l’inverse, un système nerveux figé ou épuisé pourra donner l’impression de lenteur, de dissociation ou de “vide mental”.


Or, lorsque le système nerveux est :

  • en hypervigilance (stress chronique, insécurité, pression constante),

  • ou en hypo-activation (épuisement, figement, dissociation),

l’attention devient instable, fluctuante, parfois inaccessible.


Dans ces cas-là, la difficulté d’attention est souvent une conséquence, et non la cause.


L’attention : une fonction dépendante de l’état interne


L’attention n’est pas une simple compétence cognitive que l’on pourrait entraîner comme un muscle.

Elle dépend étroitement de l’état du système nerveux central. Pour pouvoir se concentrer, le corps a besoin de percevoir un minimum de sécurité intérieure.


La difficulté attentionnelle est souvent une conséquence physiologique, et non un manque de volonté ou d’intelligence.


Stress chronique et hypervigilance : des causes majeures sous-estimées


Beaucoup de personnes présentant des troubles de l’attention ont appris, parfois très tôt, à rester en alerte permanente, se présentant tels que :

  • des expériences précoces de stress ou d’insécurité,

  • des traumatismes (conscients ou non),

  • une pression constante à “bien faire”,

  • une surcharge émotionnelle prolongée.


Le cerveau s’adapte alors à un environnement perçu comme imprévisible ou exigeant :

  • il scanne,

  • anticipe,

  • se disperse,

  • saute rapidement d’une information à l’autre.

Ce fonctionnement est extrêmement pertinent pour survivre, mais il devient coûteux dans un cadre scolaire, professionnel ou familial qui demande calme, continuité et concentration prolongée.


Trauma et mémoire corporelle


Les expériences de stress précoce, de trauma ou de surcharge émotionnelle peuvent laisser des empreintes durables dans le système nerveux.

Même lorsque l’événement est ancien ou non conscient, le corps peut continuer à fonctionner comme si le danger était toujours présent.

Dans ce contexte :

  • l’attention ne se pose pas,

  • le mental s’agite ou se vide,

  • la fatigue nerveuse s’installe.

Le trouble de l’attention devient alors un signal, indiquant qu’une partie du système cherche encore à se protéger.


e nombreuses personnes présentant des troubles attentionnels ont vécu :


Le cerveau apprend alors à scanner l’environnement plutôt qu’à se poser.

Ce mode de survie est extrêmement intelligent… mais il devient handicapant dans le quotidien.


Enfants et adultes : des manifestations différentes


Chez l’enfant

  • agitation,

  • difficultés scolaires,

  • opposition,

  • hypersensibilité émotionnelle,

  • fatigue nerveuse.


Chez l’adulte

  • dispersion mentale,

  • procrastination,

  • épuisement,

  • sentiment de ne jamais “en faire assez”,

  • culpabilité et perte de confiance.


Beaucoup d’adultes découvrent tardivement leurs difficultés attentionnelles, après des années d’adaptation silencieuse et des stratégies de compensation, au prix d’un épuisement progressif.


Formation réticulée et trouble de l’attention : le filtre de la vigilance


La formation réticulée joue un rôle central dans l’attention. Située dans le tronc cérébral, elle agit comme un filtre neuro-sensoriel : elle régule le niveau d’éveil, sélectionne les informations pertinentes et permet au cerveau de rester orienté vers une tâche sans être constamment envahi par les stimuli environnants.


Chez les personnes présentant un TDAH ou des troubles de l’attention, ce système est souvent en déséquilibre. Soit il laisse passer trop d’informations (hyperstimulation, distractibilité, agitation mentale), soit il se met en retrait (fatigue cognitive, difficultés à mobiliser l’attention).


Ce fonctionnement n’est pas un hasard : il est fréquemment lié à un état de stress chronique ou d’hypervigilance, dans lequel la formation réticulée reste bloquée en mode alerte. Tant que ce filtre neuro-sensoriel n’est pas régulé, demander au cerveau de se concentrer revient à lui demander de fonctionner contre sa propre physiologie. Restaurer l’équilibre de la formation réticulée permet alors à l’attention de redevenir plus stable, fluide et disponible.


Les limites d’une approche uniquement symptomatique


Les traitements médicamenteux peuvent être une aide ponctuelle, mais ils ne répondent pas toujours aux causes profondes :

  • dérégulation du système nerveux,

  • insécurité intérieure

  • mémoires émotionnelles non digérées

  • surcharge physiologique

  • stress chronique,

  • déséquilibres physiologiques.


Sans un travail global, les symptômes peuvent se déplacer, se transformer ou revenir sous une autre forme.


Vers une approche intégrative du trouble de l’attention


Une lecture plus globale invite à changer de paradigme. Plutôt que de chercher à forcer l’attention, il s’agit de :

  • réguler le système nerveux,

  • restaurer un sentiment de sécurité interne,

  • comprendre les mécanismes de stress,

  • écouter les messages du corps,

  • respecter le rythme de chacun.


Lorsque le système nerveux s’apaise, l’attention revient naturellement, sans effort excessif.

Retrouver une attention vivante, et non contrôlée

L’attention n’a pas besoin d’être dressée. Elle a besoin d’un terrain favorable pour émerger.

L’objectif n’est pas de “forcer la concentration”, mais de créer les conditions internes de la sécurité, à partir desquelles l’attention peut naturellement émerger.


Changer de regard sur le trouble de l’attention permet de sortir d’une vision culpabilisante ou pathologisante, et d’ouvrir un chemin de compréhension, de réparation et d’autonomie.


La Reprogrammation Neuro-Sensorielle (RNS) : réguler avant de corriger


Dans une approche de Reprogrammation Neuro-Sensorielle®, le trouble de l’attention n’est pas envisagé comme un dysfonctionnement à corriger, mais comme l’expression d’un système nerveux en adaptation.

La RNS agit en priorité sur la régulation neuro-sensorielle, en aidant le corps à sortir des états de stress, d’hypervigilance ou de figement. En restaurant progressivement un sentiment de sécurité interne, le système nerveux peut quitter les modes de survie pour retrouver des états plus stables et disponibles.

L’attention ne se travaille alors plus par l’effort ou le contrôle, mais émerge naturellement lorsque le corps se sent suffisamment sécurisé pour se poser, ressentir et intégrer. Cette approche respecte le rythme de la personne et s’adresse aux causes profondes des difficultés attentionnelles, plutôt qu’à leurs seules manifestations.


En conclusion


Le trouble de l’attention n’est pas une faiblesse.

Il est souvent l’expression d’un système nerveux intelligent, qui a appris à s’adapter à trop de contraintes.

L’enjeu n’est pas de corriger la personne, mais de réconcilier le corps, le cerveau et l’environnement.



 
 
 

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Olivia Guillet

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